Christine Plubeau

Christine Plubeau

SUITES FANTASQUES
Oeuvres de BACH et TELEMANN
viole de gambe


Si BACH et TELEMANN, appartiennent tous deux à la génération dorée des plus grands compositeurs baroques à la charnière des xviie et xviiie siècles, ils n’ont pas connu le même destin : TELEMANN sera reconnu et loué de son vivant dans l’Europe entière, BACH, dont la notoriété ne dépassera guère les limites de sa Thuringe, tombera dans l’oubli, ressuscité par MENDELSSOHN près d’un siècle plus tard.
Telemann a été le parrain d’un des fils aînés de BACH, Carl Philipp Emanuel, et l’on suppose également que le premier aurait suggéré au second de poser sa candidature au poste de Cantor à Leipzig, mais sans en avoir de preuve formelle.
Jean-Sébastien BACH est issu d’une longue dynastie de musiciens, certainement la famille la plus productive de l’histoire de la musique, musiciens de père en fils, et à la mort de son père, continuera son apprentissage auprès de ses frères, recopiant inlassablement toute musique disponible pour en comprendre l’essence et en tirer la quintessence.
TELEMANN, lui, raconte dans son autobiographie n’avoir pris que quinze jours de cours, le pire souvenir de sa vie musicale. Aussi, si l’un va perpétuer les connaissances et l’art de la famille, son talent lui permettant de faire la synthèse de tous les styles et de toutes les formes (hors opéra) de la musique baroque, l’autre va se nourrir de toutes les influences, de tous ses voyages, de toutes ses rencontres pour construire une oeuvre monumentale et populaire ; populaire, voilà le mot lâché, celui qui oppose le génie qualifié d’austère de BACH à celui dit facile de TELEMANN. Populaire ne signifie pas que TELEMANN ignore et méprise la musique savante, il l’utilise toujours à bon escient, mâtinée d’éléments galants et joyeux.
Et si la richesse du contrepoint et de l’harmonie culmine chez BACH, il ne dédaigne pas utiliser des éléments mélodiques d’une grande fluidité ainsi que de larges emprunts à la danse. La suite est une forme structurée autour d’une  ouverture et de différentes danses, la fantaisie est une pièce d’inspiration libre : tous deux ont composé suites et fantaisies, tous deux ont écrit pour la viole de gambe, et si la viole, dans ces suites fantasques, remplace le violoncelle des suites de BACH, il faut fermer les yeux en les écoutant, tenter de deviner ce qui appartient à la suite ou ce qui est fantaisie, et se laisser bercer par le talent et le charme conjugués de l’architecte de génie et du génial autodidacte.

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